LES 3 SECRETS D'OKINAWA

Okinawa est la région du monde où l’on vit le plus longtemps en bonne santé, grâce à un art de vivre proche de la naturopathie. Cet archipel paradisiaque, situé au sud du Japon, regorge de centenaires privilégiant bien-être et vitalité.

Je vous propose une délicieuse promenade au « pays des immortels », où l’on dénombre 5 fois moins de maladies cardiovasculaires, 4 fois moins de cancers du sein ou de la prostate et 2,5 fois moins de cancers du côlon qu’en Europe, afin de découvrir le secret de ces êtres d’exception.

L’une des multiples raisons plausibles de cette longévité serait que les habitants de cette île passent la majeure partie de leur temps dehors, au soleil, et qu’ils font ainsi le plein de vitamine D. Celle-ci sert à régénérer tous les tissus du corps, des os aux tendons, aux muscles, aux cartilages en passant par les parois vasculaires. La vitamine D permet également d’éviter que nos cellules deviennent cancéreuses et aide au maintien de toutes nos fonctions vitales et de tous nos organes en bonne santé. Un autre aspect important de leur mode de vie est qu’ils sont toujours en mouvement, quel que soit leur âge, et qu’ils ne se sédentarisent pas comme en Occident, où nous planifions une période de retraite peu active après des années de travail assis.e dans un bureau. Enfin, une autre explication majeure et complémentaire serait leur mode nutritionnel désormais bien connu pour favoriser une alimentation variée et savoureuse, peu calorique et très riche en nutriments protecteurs : antioxydants, sels minéraux et acides gras essentiels à notre vitalité. D’ailleurs, là-bas, on considère que tout aliment est une forme de médecine et 命の薬 (aliment en japonais) se traduit par « médicament de la vie ».

Mais vous verrez que ce n’est pas le seul secret de ces êtres centenaires que de bien manger, car, s’ils prennent soin de leur corps, ils soignent au moins autant leur esprit et leur âme, et c’est en cela qu’ils se rapprochent tant, par leur art de vivre holistique, de la naturopathie.

1. LA NUTRITHÉRAPIE NATURELLE À OKINAWA

Dans cet archipel, on emploie en cuisine près de deux cents aliments (les 3/4 étant des végétaux), dont trente-cinq sont consommés très régulièrement et dix-huit chaque jour… c’est énorme! Chaque plat, même simple, fait l’objet d’une véritable recherche esthétique, tant du point de vue de son aspect que de son goût. Les habitants d’Okinawa consomment majoritairement des aliments à densité calorique basse (75 à 150 Kcal/100g) ou très basse (moins de 75 Kcal/100g). Très occasionnellement, ils s’autorisent la consommation d’aliments plus riches. Leur alimentation courante est à base de produits naturels bio, pour la plupart d’origine végétale. Elle contient des fibres et beaucoup de protéines, notamment végétales, et procure un sentiment de satiété alors que l’on consomme moins de calories.

On retrouve par exemple :

  • Les céréales et les féculents, de préférence des céréales complètes, le riz, les pâtes, la semoule, le maïs doux, la patate douce.
  • La patate douce 芋 : Appelé Imo, ce tubercule riche en flavonoïdes est l’un des piliers de l’alimentation des insulaires. Très riche en vitamines A, C et en potassium, la patate douce permet de renforcer l’organisme en soutenant la rate. Elle est très efficace contre la fatigue et le manque de force.
  • Les soba 蕎麦 : Ces nouilles de sarrasin sont préparées avec de la farine de sarrasin mélangée à de l’eau, que l’on étale sur une plaque et qu’on tranche en fines lamelles d’environ 1 à 2 mm de largeur. On les plonge ensuite dans de l’eau bouillante, comme pour les pâtes européennes. Elles sont généralement consommées soit dans un bol rempli de mentsuyu chaud (sorte de bouillon composé de dashi, mirin, saké et de sauce soja), soit rincées à l’eau froide.  *Attention, seules les spécialités juwari ou towari sont dépourvues de gluten.
  • Le soja 大豆 : Les habitants d’Okinawa sont des consommateurs quotidiens de soja, un aliment traditionnel très riche protéines végétales, qu’ils dégustent sous forme de préparations où le soja est fermenté (tofu, miso…). Le soja fermenté est un aliment très utile puisqu’il a été prouvé qu’il participe à la prévention du diabète, des maladies cardiaques et de certains cancers.
  • Tous les légumes, avec une mention spéciale pour le concombre et l’aubergine.
  • La goya ゴーヤ : cette sorte de concombre amer est le symbole de l’alimentation de l’île. On prépare, avec ce légume, le plat local appelé champuru qui mélange tofu, légumes de saison et goya.
  • Le heshima ヘチマ : plus connu sous le nom de courge-torchon, il s’emploie dans les marinades. Les fruits mûrs peuvent servir d’éponges. Il est riche en vitamines C et A.
  • L’enoki et le shiitaké しいたけ : Ils sont à peine cuits (sinon ils deviennent fibreux et durs) et sont les deux champignons les plus consommés à Okinawa. Très riches en fer, plus assimilable que celui des végétaux, ils sont d’excellents stimulants du système immunitaire.
  • Tous les fruits, à l’exception des fruits séchés (abricot, raisin, figue, datte…) et des fruits oléagineux (noix, noisette, amande, cacahuète…).
  • Le fruit du ginkgo 銀杏 est consommé régulièrement sur l’archipel d’Okinawa et sert également pour les infusions. Il est riche en vitamine B et en potassium.
  • Les poissons maigres, les coquillages et les crustacés (au moins 3 fois par semaine), riches en acides gras poly-insaturés et en vitamine B12. Leur consommation régulière contribue au bon fonctionnement cérébral et à une vitalité renforcée. De plus, les poissons sont de merveilleuses sources de calcium, surtout lorsqu’ils sont associés aux crucifères (le chou chinois en particulier dans cette zone du globe).
  • Les algues, qui peuvent contenir 8000 fois plus d’iode que les crustacés et des éléments originaux absents de la nourriture terrestre. Elles contiennent 10 fois plus de calcium que le lait et sont également bourrées de potassium, efficace contre l’hypertension artérielle. *Attention, la consommation d’algues reste déconseillée aux personnes souffrant d’hypothyroïdie ou d’hyperthyroïdie.
  • L’umibudo 海葡萄 : cette algue, appelée caviar vert, en forme de mini grappe de raisin, ne pousse que sur l’île d’Okinawa. Elle est consommée fraîche avec de la sauce au soja et est très riche en minéraux.
  • Le kombu 昆布 : cette algue sert principalement à préparer du bouillon (nommé dashi). Il est riche en acide glutamique qui augmente la digestibilité des aliments et attendrit leurs fibres. Il accompagne avantageusement les légumineuses dont il abrège le temps de cuisson. Le kombu est particulièrement riche en calcium, en fer, en potassium et en iode.
  • Occasionnellement, les protéines animales, telles que la volaille (sans la peau), les œufs, la viande maigre de boeuf ou de veau. Les habitants de l’île mangent ainsi dix-huit fois moins de viande et trois fois moins de produits laitiers que les occidentaux.
  • Les desserts et les fromages tels que la salade de fruits, la compote maison, le yaourt nature, le fromage très frais. Bien entendu, ni sucres raffinés, ni édulcorants dans les compositions maison… nous sommes bien loin des gâteaux et sucreries en tous genres qui trônent dans nos hypermarchés !

Par ses ingrédients et ses modes de cuisson, la cuisine d’Okinawa est réellement unique au monde ! Elle repose sur 12 principes majeurs :

  • Ne jamais manger jusqu’au rassasiement total. Le « hara hachi bu », consistant à ne s’alimenter que jusqu’à 80% de sa faim, est une véritable habitude culturelle à Okinawa. Le « kuten gwa » encourage à ne manger que de petites portions et le « nuchi gusui » consiste à manger en pensant que les aliments ont des pouvoirs de guérison.
  • Consommer des aliments peu caloriques, mais très riches en vitamines et minéraux. Les insulaires d’Okinawa privilégient les aliments sains tels que le poisson, les algues et les céréales. Ces aliments à faible densité énergétique sont généralement ceux qui apportent le plus de vitamines, de minéraux, d’antioxydants et de fibres. Ils sont également riches en eau et garantissent l’équilibre acido-basique de l’organisme. Pour la plupart, ils sont consommés crus. L’esthétique de l’assiette, avec des couleurs et des textures variées, joue un rôle primordial en servant de véritable guide nutritionnel.
  • Manger au quotidien 7 fruits et légumes pour leurs vitamines, leurs minéraux, leurs fibres, leur teneur en eau. Les habitants d’Okinanawa mangent ainsi sainement et sans privation des fruits provenant de leurs propres arbres, comme par exemple des agrumes, des ananas, des bananes, des papayes, des goyaves, des mangues et des fruits de la passion.
  • Cuisiner 7 portions de céréales complètes et/ou de légumes secs par jour + 2 plats à base de soja. Cette denrée essentielle à la vie d’un Okinawaïen est préparée de multiples manières (nouilles, pains, riz…). Le soja y est également associé et se trouve dans chaque plat principal d’une journée-type de menus, souvent fermenté, sous forme de tempeh ou de tofu.
  • Accompagner chaque assiette de beaucoup d’épices et d’herbes aromatiques. Elles participent en particulier à cette esthétique culinaire qui veut que chaque plat, même le plus simple, soit un trésor de subtilités visuelles et gustatives. Certaines herbes sont parfois extrêmement dosées en vitamine (vitamine C ou B) et détiennent des records notables en fer. Les épices ont des propriétés antibactériennes et antioxydantes, contiennent des flavonoïdes mais leur intérêt principal réside surtout dans le fait qu’elles permettent, par leur grande richesse gustative, de ne pas ajouter de sel dans les plats.
  • Limiter la consommation d’alcool  
  • Cuire peu les aliments, à feu doux ou à la vapeur (pas de four à micro-ondes ou de barbecue).
  • Se nourrir d’oméga-3 grâce au poisson, 3 fois par semaine environ.
  • Consommer peu d’autres produits d’origine animale (viande, produits laitiers).
  • Associer des aliments crus et cuits pour une meilleure digestion et une plus grande assimilation.
  • Éliminer naturellement sucre raffiné, sel et matières grasses saturées, la nourriture n’étant pas industrielle et Monsanto ou Nestlé n’ayant pas encore pignon sur rue.
  • Boire 1.5 L d’eau par jour (voire plus) et 2 thés dans la journée (au minimum). Sur l’île des centenaires, on boit et on mange des aliments gorgés d’eau. Ici encore, la culture joue un rôle prépondérant car l’eau a un caractère quasi-sacré : pour fêter la nouvelle année, on ne sabre pas le champagne mais on suit la tradition de Wakaubi qui consiste à préparer des milliers de litres de thé au jasmin avec l’eau tirée d’une source sacrée. Le thé vert seul reste également une boisson culte. Riche en flavonoïdes, on lui attribue des bienfaits en terme de longévité car il agit sur les vaisseaux sanguins et est gorgé d’anti-oxydants qui limitent les effets du temps.

Ce mode alimentaire est à la fois écologique et anti-crise, en valorisant une consommation raisonnée, et surtout une restriction des produits d’origines animales (viande, produits laitiers, …) qui sont de grands consommateurs de surface agricole.

2. LA CULTURE MÉDICINALE

A Okinawa, avant de passer par l’assiette, la santé se cultive d’abord dans son jardin. On y trouve des racines et des plantes aux pouvoirs préventifs et guérisseurs ainsi que diverses herbes aromatiques pour embellir et embaumer les plats.

L’armoise 蓬 : cette herbacée favorise la circulation sanguine, est un excellent stimulant digestif, diurétique, un puissant vermifuge, antispasmodique, anti-inflammatoire pour lutter contre les douleurs articulaires et musculaires et a beaucoup d’autres propriétés intéressantes pour la vitalité

Le gingembre 生姜 : ce rhizome protège le foie, l’estomac et le pancréas. Il est anti-bactérien, stimule le système immunitaire, entre autres nombreuses super vertus que je développerai dans un article très bientôt…

Le curcuma 鬱金 : A Okinawa, il est partout, y compris dans le thé. Il est utilisé depuis très longtemps comme anti-inflammatoire par la médecine ayurvédique indienne. Excellent pour la digestion, le curcuma a aussi la capacité de diminuer les inflammations, prévenir certains cancers et protéger le cerveau de la maladie d’Alzheimer. La curcumine permet de prévenir le vieillissement cellulaire et a mille vertus que je vous présenterai dans un article complet car il est mon number one, ma star parmi les stars 🙂

La margose 蔓茘枝 : Elle est riche en vitamine C et en minéraux et s’utilise beaucoup dans la cuisine d’Okinawa pour composer des salades, des plats sautés, du tempura, etc…

3. LA DIMENSION HOLISTIQUE

A Okinawa, le respect pour l’acte de manger est profond. Pour les Anciens, le rapport à l’aliment est au moins aussi important que le choix alimentaire lui-même, et ils n’imaginent pas une seconde s’asseoir à table stressés. Si tel est le cas, l’Okinawaïen ira d’abord marcher un moment, discuter avec son voisin, jouer de son instrument de musique favori pour revenir ensuite face à l’assiette en position d’appréciation, zen… Et chaque repas, sans être cérémonieux, est un moment de concentration. Rien à voir donc avec nos grignotages devant la télé, nos goûts standardisés par l’industrie alimentaire et nos sachets cuisson 3mn au micro-ondes ! À Okinawa, on ne fait pas seulement du bon, mais aussi du beau, on offre à chacun de ses sens la joie d’admirer, de sentir, de goûter, comme une manière d’honorer ce corps qui participe sans nul doute à sa santé.

Au-delà de l’alimentation, la philosophie des insulaires est une propension à rester en mouvement à tout âge, une perception très positive du monde et de la vie, de puissants outils de gestion du stress, de solides réseaux de soutien et, enfin, beaucoup d’humour et de créativité.

Les habitants d’Okinawa sont très spirituels et s’épanouissent en trouvant leur ikigai 生き甲斐 . Il s’agit de leur raison d’être, leur mission de vie, qui leur permet d’accéder à un niveau supérieur de bien-être. Cet ikigai évolue tout au long de leur vie, au fil de leurs introspections, des personnes qu’ils rencontrent et qu’ils aident. L’ikigai leur permet de prioriser et d’avoir conscience de ce qui est vraiment important dans leur vie, de surmonter les difficultés, d’accepter un sens du bonheur basé sur le plus simple, sur l’élémentaire et sur cette harmonie face à l’esprit et à la nature.

Les seniors d’Okinawa ont tous une forte appartenance à leur communauté et à leur famille, avec laquelle ils entretiennent un lien étroit et pour laquelle ils se sentent utiles, quel que soit leur âge. Il y a un grand respect envers les anciennes générations, où l’humilité favorise la réciprocité et l’harmonie dans la plupart des familles. Ils mettent également l’accent sur le sens de la coexistence et peuvent affronter les épreuves de la vie plus sereinement car ils ne connaissent pas la solitude telle qu’on la trouve dans les grandes villes occidentales.

Ils honorent la vie et suivent les principes du Tao, dont ils ont hérité. Vivre plus en phase avec sa nature profonde et la nature elle-même, savoir équilibrer ses désirs et ses besoins, faire la paix en soi et autour de soi, avoir l’art de se nourrir ou celui de gagner en sagesse… Tel est le but du tao, basé sur la recherche de l’équilibre et de l’action juste, celle qui se fait sans forcer, mais non sans effort. L’acceptation est sans aucun doute l’un des piliers les plus traditionnels dans la sagesse des Okinawaïens. Elle permet la clarté mentale accompagnée de bonnes approches émotionnelles. Si quelque chose n’a pas de solution, la seule chose à faire, c’est de focaliser ses pensées et ses énergies sur autre chose. Je vous invite d’ailleurs à vous inscrire à la newsletter si ce sujet vous intéresse, car j’écris un article sur le pouvoir de l’acceptation, que vous pourrez lire prochainement sur le blog.

Le premier enseignement du Tao est qu’en vivant simplement ici et maintenant, je prends conscience que la Joie et l’Amour sont à l’intérieur de moi et que je n’ai pas d’effort à faire pour accéder à eux. Le second principe est que la vie, comme notre nature, est foncièrement duelle,  faite de yin comme de yang. À nous de ne pas transformer l’opposition qui enrichit en affrontement qui détruit. 

Sur la plage de l’une des petites îles de l’archipel d’Okinawa, on peut lire sur un rocher cette inscription gravée : « A 70 ans, vous n’êtes qu’un enfant, à 80, vous êtes à peine un adolescent, et à 90 ans, si les ancêtres vous invitent au paradis, demandez-leur d’attendre jusqu’à 100 ans, âge auquel vous reconsidèrerez la question. »

J’espère que cette balade sur cet archipel lointain vous aura donné l’envie de prendre soin de vous et de votre famille.  Si l’art de vivre des habitants d’Okinawa est difficilement transposable en France, il est toutefois grandement possible de s’en inspirer, en mêlant, ici et là, plus de spiritualité, d’humanité et de principes nutritionnels à nos existences citadines, individualistes et stressantes.

Je vous souhaite de rayonner et de vivre en bonne santé auprès de ceux que vous aimez. N’hésitez pas à déposer votre commentaire ci-dessous pour partager vos connaissances ou à donner votre avis sur ce sujet, je serai ravie d’échanger avec vous !

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